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Rencontre avec les fondatrices des Confitures parisiennes, la meilleure confiture du monde !

Mis à jour : 30 mars 2019


C’est sous une arche du viaduc des arts, dans le 12e arrondissement de Paris, que je vous emmène aujourd’hui, à la rencontre de deux femmes pétillantes, artisanes modernes et amoureuses du bon et du beau. Suivez-moi à la rencontre de Nadège Gaultier et Laura Goninet, les deux fondatrices des Confitures parisiennes.



Au 17 de l’avenue Daumesnil se trouve une confiturerie pas comme les autres. Depuis la rue, derrière la grande baie vitrée, trônent trois petites cuves en cuivre où mijotent des confitures. Ce n’est pas du show à l’attention des passants. Non. Il s’agit bien des cuisines ouvertes des Confitures Parisiennes. J’entre dans la boutique et me retrouve au milieu d’un salon de thé aux allures précieuses et féminines. Bois blanc patiné, pierres apparentes, lumière cristalline et bouquets de fleurs composent l’espace. Sur chacun des petits pots, des étiquettes aux noms aussi mystérieux qu’alléchants : Rhubarbe à l’eau de rose, gelée de Nuits-Saint-Georges, Carottes/vanille/passion...

Mais à peine le temps de rêver à ma future tartine que deux boules d’énergie viennent à ma rencontre : Nadège et Laura, les deux fondatrices de la marque.


En toute spontanéité et franchise, elles me racontent alors leur quête de la “meilleure confiture du monde”, les rencontres qui jalonnent leur aventure et leur grain de folie.



Nadège, Laura, quelle a été la genèse des Confitures parisiennes ? Comment cette idée a-t-elle germée dans vos deux esprits ?


Laura. Tout est parti de Place des Vosges et plus précisément de l’école de nos filles où nous nous sommes rencontrées. Nous n’étions alors pas amies mais nous avions beaucoup échangé durant les goûters de nos filles qui étaient, et sont toujours, très copines. Elles s’appellent d’ailleurs tous les matins dès 8h pour se raconter leurs rêves de la nuit (rires). Un jour, Nadège m’a fait goûter une confiture qu’elle avait découverte en Picardie lors de ses vacances. C’était la confiture fraises-macaron d’une certaine Marie-Paule. On s’en souvient encore ! Avec le recul, je réalise que ce n’était pas une recette incroyable mais, à l’époque, ce petit pot nous a mis une claque !

Nadège. En fait, à travers cette recette, on s’est rendu compte qu’avec la confiture, on pouvait faire des recettes originales et dépoussiérer cette univers un peu vieillot. C’est précisément là qu’on a décidé de créer les Confitures parisiennes. Et comme nous n’étions pas encore “amies”, nous n’avons pas eu peur de nous lancer toutes les deux dans le business. Il n’y avait pas d’enjeu affectif.


Les Confitures parisiennes c’est donc avant tout une ambition et un défi gustatif ?


Nadège. Nous nous sommes vite rendues compte qu’en matière de confitures, il y avait une infinité de recettes possibles avec des fruits, des légumes, des épices, des vins… et que la seule limite était notre imagination. Mais notre ambition ne se trouvait pas que dans la recette. On voulait avoir une recette qui marque les papilles, certes, mais avec un packaging qui soit à la hauteur du contenu. Que nos pots soient aussi beaux que bons.


Est-ce là qu'est née le projet de devenir confiturière professionnelle ?


Laura. On a commencé à tester nos recettes dans nos cuisines, sans laboratoire et sans chef, en pensant y arriver seules. Les confitures étaient bonnes mais on ne se relevait pas la nuit pour en reprendre une cuillère. Or, c'était notre objectif. On a senti qu’on devait passer au niveau supérieur. On a donc décidé de faire une formation de confiturières tout en nous rapprochant de chefs afin d’apprendre à exécuter nos recettes à la perfection. Nous cherchions avant tout de la crédibilité dans l’exécution.



Être parisienne, pour une confiture, qu’est-ce que cela change ?


Nadège. C’est un état d’esprit avant tout : d’exigence, de sensation et de raffinement. En terme de visibilité, c’est évidemment un atout. Paris bénéficie d’une image incroyable. Mais cette image a aussi son revers de médaille. À Marseille par exemple, c’est compliqué de vendre une confiture “parisienne”. On échange beaucoup avec Julia Sammut, la merveilleuse cheffe/épicière de l’épicerie Idéal et elle nous dit régulièrement : “Tant que vous n’aurez pas changé de nom, je ne pourrai pas vous référencer”. On a eu beau faire un pot avec une touche d’humour en barrant “parisiennes” et en le remplaçant par “marseillaises”, ça ne fonctionne pas. On accepte et je dirais même que ça nous stimule. Quand on a envie de travailler avec quelqu’un ou sur un territoire, on est prêtes à soulever des montagnes !


Quels enseignements avez-vous tiré de vos rencontres avec les chefs ?


Laura. Cela nous a permis de comprendre la notion d’équilibre et de le chercher dans toutes nos recettes. Ces rencontres ont aussi été des occasions de conforter notre engagement en matière de sourcing de nos produits. Tout est, au maximum, français. Notre verrier est à Nice, on fait laquer nos pots à Troyes, les couvercles sont faits sur mesure à Pierrelatte… et il en va de même pour nos fruits et nos légumes. On part nous-même goûter les fruits chez le producteur en Picardie, Bourgogne, Lorraine…


Quel est la marque de fabrique des Confitures parisiennes ?


Nadège. La cuisson. Nous cuisons en toute petite quantité dans des chaudrons en cuivre et à basse température. Nous produisons chaque jour un maximum de 500 pots. C’est le gage d’une confiture de qualité, avec un vrai goût de fruit qui n’est pas masqué par le sucre.


À quel moment avez-vous décidé de sortir de vos cuisines personnelles pour aller vers un laboratoire plus professionnel ?


Laura. Après notre formation, on est parti dans la dépendance de mon père à Savigny-sur-Orge, en banlieue parisienne. Mon père avait commencé très jeune en tant que confiseur alors quand je lui ai parlé de transformer sa dépendance en confiturerie, il a dit "banco" et s’est même pris au jeu. Il s’est mis aux chaudrons et nous, on s’est chargées de la commercialisation.

Nadège. Après cette phase de structuration on a eu envie d’aller plus loin et plus dans la dentelle. On a alors recruté Manon, une ancienne pâtissière du Plaza Athénée et on a acquis un laboratoire plus grand dans le centre de Paris. Manon est une machine de guerre passionnée et à la créativité folle. Elle fait monter en puissance toutes nos recettes existantes! Et pour l’avenir, on lui donne carte blanche.


Comment ont été reçues les Confitures parisiennes ?


Laura. On a eu un super accueil dès le début. Au bout de quinze jours nous étions à la Grande Épicerie. Mais le plus difficile n’est pas d’avoir un premier client. C’est d’en avoir un deuxième puis un troisième et que ces trois là recommandent par la suite. On a énormément travaillé pour ça. Nos journées démarraient après avoir laissé les enfants à l’école et elles se terminaient à 16h à la sortie des classes. Dans ce créneau de huit heures, il nous est arrivé d’avoir plus de dix rendez-vous.


Pourquoi avoir ouvert un labo-boutique-salon de thé ? Nadège. Quand on s’est rendu compte que nos recettes et nos produits fonctionnaient bien, on s’est posé la question de ce qu’on voulait faire de notre marque. Quelle serait l’étape d’après ? On s’est même demandées ce qu’on “foutait” là (rires) !

Laura. On a fait le point sur ce qu’on ne voulait surtout pas devenir. En l'occurrence, il était pour nous hors de question d’être une simple boutique. Ce n’était pas dans notre ADN. L’univers de Charlie et la chocolaterie nous inspirait beaucoup plus ! On a cherché pendant plus d’un an un laboratoire dans le coeur de Paris. Mais les banques ne nous suivaient pas. C’est à ce moment là qu’on a décidé de nous entourer d’un Directeur financier. Maud nous a alors rejoint. C’est grâce à elle qu’on a pu s’asseoir en face d’un banquier sans qu’il nous rigole au nez. À partir de ce moment là on a eu des soutiens financiers et on a trouvé dans la foulée ce magnifique lieu sous le Viaduc des arts. On l’a aménagé pour accueillir notre laboratoire, notre boutique et salon de thé mais aussi pour nous permettre de développer tous nos autres projets.



Vous vous projetez comment pour 2019 ?


Laura. Nous avons des envies d’évolution de l’offre et d’export aussi ! Cette année, nous avons recruté Marion, notre directrice commerciale, avec qui nous sommes en train de travailler toute la dimension exportation. C’est un énorme chantier. Très prochainement aussi, la boutique accueillera un super tea-time préparé par notre cheffe. Les vrais tea-times sont rares à Paris et on a envie d’offrir cette expérience à ceux qui souhaitent passer un moment typiquement parisien et gourmet.


Le retour à l’enfance est extrêmement présent dans votre univers. Quels sont vos souvenirs d’enfance liés au sucré ? Nadège. Au collège, le vendredi, je terminais à 15h30. Je rentrais alors rapidement chez moi et je me mettais devant la petite télévision de la cuisine pour regarder La croisière s’amuse. J’avais pour rituel de me faire chauffer un grand verre de lait dans lequel je trempais des sablés un peu rancis. Je les ramollissais dans le lait et c’était mon moment. Délicieux et rien qu’à moi.

Laura. Je suis une fille à chocolat. Et c’est d’ailleurs pourquoi notre seul produit hors confiture et fait en dehors de notre labo est une pâte à tartiner; que je ne peux pas emmener chez moi sinon je ne mange que ça !

On l’a faite faire par un producteur fou et obsessionnel de la qualité. Elle est presque comme une crème de noisettes. Elle est faite à base de 60 % noisettes du Piémont, 20% d’amandes pralinées et 20% de cacao pur. C’est un produit de régression ultime et c’est d’ailleurs pour ça que Soledad nous a suivi sur le packaging ! Nous en sommes très fières.


Après Antoinette Poisson, le chef Akram, Sézane et l’illustratrice Soledad, comment choisissez-vous vos collaborations ?


Nadège. Ce ne sont que des rencontres ! Il faut qu’humainement ça se passe bien. On veut travailler avec des gens qu’on aime et qui nous aiment. C’est notre part de liberté.

Avec Antoinette Poisson (créateurs de papiers-peints dominotés à la façon du XVIIIe siècle, ndlr), je les avais remarqué sur Instagram et je leur avais envoyé un message de groupie. Ma seule arrière-pensée était d'éventuellement leur proposer de designer un pot. Rien de plus. En les rencontrant on s’est aperçus qu’entre artisans, il y a de vrais points de convergence : sur la vision du business, sur la recherche du beau… et de là, a émergé l’idée de faire un produit qui fasse le lien entre nos deux univers.

Laura. On a cherché une histoire qui fasse sens et on l’a trouvé très facilement. Antoinette Poisson était le vrai nom de La Pompadour, favorite de Louis XV. Elle était une grande gourmande, en particulier de la pâtisserie dite “Puit d’amour”, un choux sucré farci à base de gelée de groseilles, de framboises et de violette. Ça a été une révélation : ils ont fait le dessin et nous on a fait la confiture.


Les confitures parisiennes, c’est une entreprise de femmes, avec une énergie très féminine. Qu’est-ce que cela change selon vous ?


Laura. Il n’y avait pas vraiment d’intention de créer une entreprise de femmes, voire même l’idée nous faisait peur. On avait peur du crêpage de chignons. Mais progressivement, on a su s’entourer de femmes très différentes qui, à la manière d’un puzzle, s’apportent les unes aux autres. Il y a en fait une vraie synergie et surtout un profond respect et une forme de solidarité entre nous toutes.

Nadège. Il faut avouer qu’être une fille peut être un sacré atout, surtout quand il s’agit de décrocher un rendez-vous. Par contre, on doit toujours faire la preuve de notre sérieux et acquérir un capital crédibilité. C’est à double tranchant. À nous de surprendre et de faire preuve d’audace et de confiance.


Les confitures parisiennes

17 avenue Daumesnil 75012

www.confiture-parisienne.com/


Prix : €€€

Plaisir : !!!

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